Rencontre avec Vanessa aka Das Ganz, graphiste & artiste rock’n’roll

Cette nouvelle rencontre m’amène à côté de Strasbourg, pour poser quelques questions sur le métier et les oeuvres de Vanessa aka Das Ganz.

Pourquoi toujours aller chercher des artistes dans le monde entier lorsque des amis talentueux travaillent à deux pas de chez soi ? C’est avec cette idée en tête que j’ai décidé de poser quelques questions à Vanessa, avec qui j’ai partagé mon parcours en agence.

Son style rock’n’roll reconnaissable m’a donné envie de partager son parcours et ses créations avec vous.

1. Bonjour Vanessa, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Salut Arnaud, et merci pour cette interview ! Je suis Vanessa, graphiste depuis bientôt dix ans dans la région bas-rhinoise. J’ai fait une mise à niveau et un BTS Communication Visuelle à Lisaa Strasbourg, une école d’arts appliqués. Puis j’ai travaillé pendant plusieurs années dans différentes agences de communication-publicité avant de me décider à me mettre à mon compte.

2. D’où vient ton attrait pour le design et la création graphique ?

Je crois que comme tous les enfants, j’ai commencé à dessiner tôt, avant de savoir parler. Et par conséquent, ça a été un moyen d’expression avant celui de la parole (très abstrait certes, mais un moyen d’expression quand même !).

En grandissant, grâce à mon entourage, j’ai toujours baigné dans les réalisations manuelles, j’ai toujours aimé me « salir » les mains. Même si aujourd’hui je sais causer, je crois que les illustrations et le graphisme restent mes moyens préférés pour plaquer, figer mes émotions, pour « dire » ce que j’ai envie de dire. En fait, c’est un genre de thérapie, je crois. Car si je n’illustre pas, il faut au moins que j’écrive. J’ai un besoin de matérialiser d’une façon ou d’une autre ce qui se passe autour de moi ou en moi.

 

3. Ton style est très influencé par le Rock’N’Roll, où trouve-tu tes inspirations ?

Dans la drogue. Non je rigole !

Du style musical que j’écoute en priorité. « Ich bin ein mélomane » tu sais, j’aurais donné mon âme au diable pour être une musicienne de génie et chanter ce que j’ai sur le cœur. Mais d’autres l’ont fait avant et mieux que moi. Des chansons ont souvent traduit joliment des sentiments que je ressentais ou ressens encore, alors je les reprends et les traduis à mon tour, visuellement.


Sinon, au niveau des mouvements artistiques, je suis inspirée par le surréalisme et le dadaïsme bien sûr, duquel a découlé le style graphique du mouvement punk.

4. Tu travailles sur un ambitieux projet de livre, peux-tu nous en parler ?

Je voulais écrire quelque chose qui me faisait plaisir, avec tout ce que j’aimais dedans et surtout en faire un support à illustrer avec mon style (collages à la main). Alors j’ai imaginé une France quelques années avant la décennie 1980, qui n’avait pas connu la même Histoire et qui se voyait dictatoriale et privée de Rock’n’Roll. Un groupe d’idéalistes allait alors tout faire pour braver l’interdit.


Ce n’est pas vraiment bien écrit, et comme je le faisais à titre personnel, je ne m’étais pas trop attardée sur certains détails.

Aujourd’hui je me dis que j’ai tout de même travaillé deux ans pour cela, alors je me renseigne pour tout ce qui concerne les droits que ce soit au niveau des images comme des chansons utilisées, et éventuellement pour demander à un pro une aide de réécriture. J’ai espoir un jour de pouvoir en faire une auto-publication.

5. Le « Do It Yourself » est au coeur de tout tes projets. Quelles sont tes techniques / astuces pour apprendre de nouvelles choses ?

Oui, car toutes les créations à base de récup’ sont celles qui me parlent et m’émeuvent le plus. Aujourd’hui, c’est générationnel, le DIY est à la mode, et pour apprendre de nouvelles astuces ou techniques, rien de plus simple que d’aller sur le Web : entre Pinterest, les blogs, Youtube et les tutos de magasins de bricolage, on trouve tout.

Personnellement, mon premier voyage à Berlin m’avait beaucoup interpellée ; c’était en 2010, on voyait des trucs en palettes et en vieux pneus réutilisés partout, des friperies et des squats où presque toute la déco était faite de récup’.

J’en avais franchement pris plein la tronche, et ça m’avait donné des tas d’idées. À force, certains objets ou certaines matières parlent d’eux-mêmes : on les voit et illico on sait comment les détourner et leur donner une seconde vie.

6. Quels sont les conseils que tu donnerais à quelqu’un commençant un parcours artistique ?

Je crois qu’il faut s’armer de patience. D’une part pour la créativité et le syndrome de la page blanche ; parfois on déborde d’idées immédiatement, parfois non. D’autre part, car il est souvent difficile d’expliquer à son entourage (mais pas que) qu’être webdesigner, graphiste, musicien, plasticien n’est pas juste une passion, mais que c’est un métier au même titre qu’un autre et qu’on voudrait bien en vivre.

La situation en France pour les métiers artistiques est assez critique. Mais il ne faut pas lâcher, dans la mesure du possible, si c’est vraiment ce que l’on souhaite faire, pour ne pas avoir de regrets.

Suivez le travail de Das Ganz :

dasganz.com

@vanessadasganz sur Facebook

Merci d’avoir répondu à mes questions Vanessa !

Un commentaire

  • Chouette nana très créative, et très talentueuse. Arrosée à la sauce gentiment rebelle, elle crée dans ses collages un univers bien à elle et foisonnant d’idées. Keep going Vanessa 😉

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